La région des lacs : terres mapuches

Après deux semaines au pied des montagnes à Mendoza, nous avons rejoint la région des lacs. L'occasion pour nous de quitter le cadre urbain pour parcourir les paysages les plus sauvages et paradisiaques de l'Argentine, à la frontière du Chili. Nous découvrons un cadre presque « alpin » avec des lacs glaciaires, des forêts et des montagnes aux sommets enneigés.
Au milieu de ce territoire immense, nous rencontrons quelques petites villes aux rues de terre battue. Dans les montagnes alentours, se concentrent les communautés mapuches argentines. Depuis la colonisation espagnole, ces populations indigènes ont vu leur territoire se réduire mais s'étendent encore sur un vaste secteur à cheval entre l'Argentine et le Chili.


Pour connaître un peu plus les Mapuches, nous nous sommes installés quelques jours dans le parc national Lanin. En effet, les terres mapuches sont principalement situées dans des zones naturelles protégées. Mais, nous avions sous estimé l'affluence touristique de la classe moyenne argentine. En plus de son cadre de rêve, cette région est très prisée par les pêcheurs.
La nature touristique de la zone, influence considérablement le rapport des Mapuches avec les visiteurs. Il est difficile de dépasser le rapport à l'argent, pour engager des échanges plus « humains ». Nous souhaitions découvrir leur culture et mode de vie, mais notre approche a été relativement superficielle. Nous pouvons cependant vous faire part de nos premières observations.

Les Mapuches ont un fonctionnement communautaire, en cohérence avec la législation argentine. L'organisation du travail, l'enseignement et la gestion du territoire, font l'objet d'une concertation communautaire. La taille des communautés est très variable : de 400 à 1000 personnes, pour celles que nous avons abordées. La production agricole se limite à de l'autoconsommation : l'élevage est beaucoup plus important que le maraîchage. D'une manière générale, accidentées et pauvres, les terres sont peu cultivées dans la région des lacs. Un petit revenu est tiré de la vente d'artisanat : tissages et travail du bois. Ces ventes s'opèrent en direct, mais aussi par d'autres réseaux de distribution sur lesquels nous n'avons pas pu obtenir plus d'information. Depuis quelques années, les Mapuches ont aussi intégré une offre d'accueil touristique : perception de droits d'accès à certains lieux pittoresques, camping, auberge de jeunesse et même stations de ski.
Une production originale et traditionnelle : le pignon d'araucaria. L'araucaria, appelé aussi pehuen, est l'arbre emblématique et endémique de la région. Cet arbre est surprenant pour un européen : c'est un conifère dont les branches sont couvertes d'aiguilles larges et pointues, formant comme un réseau d'écailles. Le pehuen produit des pignons qui, transformés en farine, constituent l'alimentation de base des Mapuches. Ils sont les seuls autorisés à les cueillir.  

Nous avons l'intention de renouveler des rencontres avec les Mapuches pour approfondir notre découverte. Pour cela, nous savons maintenant qu'il nous faudra une personne relais, capable de favoriser l'échange. On prévoit notamment de se rapprocher des communautés mapuches chiliennes, plus habituées à parler de leur culture et à revendiquer leur identité.


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Mis à jour (Dimanche, 14 Février 2010 00:53)