Hornaditas, un village isolé de la Quebrada de Humahuaca

Nous sommes allés passer quelques jours dans une famille d'agriculteurs à Hornaditas, dans la Quebrada de Humahuaca. Cette région aride du nord-ouest argentin, est située au nord de la ville de Jujuy (prononcée « rouroui »). Ce secteur est composé de petites exploitations agricoles se consacrant principalement à la culture de maïs, de pommes de terre et à l'élevage de chèvres. Cette région nous a rappelé par certains aspects les conditions de vie de la campagne bolivienne : un climat rude, un accès à l'eau limité et un habitat rudimentaire...

Produire et consommer sa nourriture
La famille chez qui nous avons séjourné à un nom qui vous fera sourire : ils s'appellent « Lamas ». Ils possèdent seulement quelques champs et une trentaine de chèvres. Les patates et le maïs sont consommés toute l'année. Le lait est transformé en fromage. Tous ces aliments produits sur l'exploitation sont donc utilisés directement par la famille. Lorsque la production agricole n'est pas vendue sur les marchés, on parle d'agriculture vivrière, c'est-à-dire « pour vivre ». C'est une forme d'auto-consommation. Ceci a des avantages : la consommation de produits sains et frais, la possibilité de se nourrir lorsque que l'on n'a pas d'argent pour acheter des produits. C'est une manière d'être autonome. Mais cette pratique a aussi des inconvénients : si la récolte n'est pas bonne, les besoins alimentaires pour l'année ne sont pas assurés. Autre inconvénient : ce travail ne fournit pas d'argent.

Échanger des produits et services sans argent

En France, lorsque l'on souhaite un produit ou un service, on l'achète avec l'argent que l'on a par son travail (salaire). Nous vivons dans une économie qui utilise l'argent dans tous les échanges commerciaux.
Mais comment peut-on faire lorsque l'on n'a pas d'argent comme cette famille argentine?
On échange directement les produits. La famille Lamas utilise ses aliments comme une monnaie d'échange. C'est ce que l'on appelle le troc : échanger des produits sans utiliser la monnaie comme intermédiaire. Durant notre séjour, nous avons mangé des fraises que Clara Lamas avait échangé la veille contre des patates. C'était une bonne idée car les patates en dessert c'est pas très bon!
L'échange ne fonctionne pas seulement pour les produits. On peut avoir recours à ce fonctionnement pour des services. Traditionnellement les populations des Andes pratiquent la « minga ». C'est une entraide organisée entre villageois pour réaliser certains travaux agricoles. Lors des semailles, les voisins se réunissent pour semer ensemble les champs des uns et des autres : chacun peut ainsi compter sur l'aide de tous.
Même si cela est moins courant, le troc et l'échange de services existent dans de nombreux autres pays, même en France. Vous en connaissez peut-être?

Malheureusement pour la famille Lamas, tout ne peut pas s'échanger par le troc. Les études des enfants, les vêtements, certains équipements ménagers se payent en monnaie. Cette famille a donc dû trouver des activités pour obtenir de l'argent : ils accueillent des touristes sur leur exploitation. L'hébergement, les repas et les activités de découverte proposés leur permettent d'avoir un petit revenu complémentaire.

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Mis à jour (Mardi, 19 Octobre 2010 15:00)